L'empire en images

Portraits des fonctionnaires célèbres et sages d'autrefois de la ville de Suzhou
Cette série incomplète des Portraits des fonctionnaires célèbres et sages d'autrefois de la ville de Suzhou constituée au 19e siècle témoigne de la continuité de la tradition de gravure sur pierre pour la production d'albums. Cette collection joue le rôle de répertoire biographique de toutes les célébrités originaires de Suzhou ou ayant été en fonction pendant une partie de leur vie dans cette région, depuis la haute antiquité jusqu'à la dynastie des Qing. Chaque feuille compte cinq portraits et cinq légendes ; elles devaient être contrecollées sur un papier plus fort et être mises bout à bout, pliées et reliées entre deux ais à la manière des albums en accordéon. Le projet, quasi encyclopédique, ayant nécessité la gravure d'au moins quatre-vingts dalles, était destiné à glorifier une région de grande culture, Wujun, un territoire englobant la ville de Suzhou dans la province du Jiangsu ; il s'agit d'un véritable recueil de biographies de personnalités qui naquirent ou vécurent dans ce foyer intellectuel et qui, outre leurs fonctions officielles, marquèrent les arts, les lettres ou la politique.
© Bibliothèque nationale de France
Les textes les plus importants de l’Antiquité qui nous sont parvenus furent pour la plupart écrits sur des supports précieux et onéreux, plastrons de tortue que l’on faisait venir de loin ou vaisselles de bronze. Plus tardivement, les princes et les empereurs n’hésitèrent pas à fixer des textes sacrés sur du jade, matière précieuse s’il en fut. On inscrivit aussi des épitaphes sur de grandes dalles de pierre. Tous ces supports extrêmement coûteux, nécessitant un investissement collectif important, étaient réservés au domaine rituel. Mais c’est surtout sur la soie et le papier, développés très précocement en Chine, que va s’exercer cet art du trait.
L’usage de la soie comme support de l’écriture ou de la peinture a perduré tout au long de l’histoire. Fabriquée depuis le néolithique, l’étoffe de soie était enduite et préparée. Elle était conservée roulée ; elle pouvait également être découpée et montée en album. Les textes séculiers étaient surtout notés sur des supports plus ordinaires, tels que le bois, le bambou et plus tard le papier, qui remplaça la plupart des matériaux antérieurs, et permit aussi la diffusion massive de ces textes grâce aux techniques de l’estampage et de la xylographie. Le rôle des empereurs est ici capital. Certains, tel Tang Taizong, furent d’excellents calligraphes, d’autres n’hésitèrent pas à affirmer leur puissance politique en faisant réaliser des rouleaux ou des livres d’art de grand luxe : c’est le cas des « Fils du Ciel » de la dynastie mandchoue, Kangxi, qui selon Diderot était « le Marc Aurèle de la Chine par sa sagesse et son Louis XIV par le despotisme et la durée de son règne », ou bien encore Qianlong, son petit-fils, auteur d’un très célèbre éloge de la ville de Moukden, berceau de la dynastie
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